La Gymnastique Artistique Masculine (ou GAM) est une discipline minutieuse. Dans sa perfection, elle réunit à la fois des aptitudes physiques individuelles comme la force, la coordination et la souplesse à travers des exercices parfaitement contrôlés, mais aussi des caractéristiques artistiques telles que créativité, esthétisme et expressivité. C'est une symphonie de mouvements qui s'exprime à travers six spécialités : le sol, les arçons, les anneaux, la table de saut, les barres parallèles et la barre fixe.

Présentation

La Gymnastique Artistique Masculine évolue constamment. Actuellement, les sorties sont de plus en plus complexes, les difficultés et la recherche de l'élégance sont grandissantes. De plus, la performance du gymnaste n'est mesurable ni dans le temps, ni en longueur, ni en hauteur. L'évaluation des exigences de ce sport est beaucoup plus subtile et complexe.

Remontons l'histoire

C'est l'un des sports les plus populaires du programme olympique et aussi l'un des plus exigeants. De 1896 à 1948, ce sport s'est développé et s'est étendu dans le monde. Les épreuves se disputaient souvent en plein air et n'étaient pas régies de façon rigoureuse. Les moyens manquaient et il n'était pas rare que certaines fédérations se déplacent avec leur propre cheval-arçons. Plusieurs disciplines ou engins de l'époque ont aujourd'hui disparu : le tir à la corde, les exercices de groupe aux barres, les exercices d'ensemble avec ou sans engins, le saut de cheval latéral, le saut avec tremplin ou les anneaux balançants (pour les féminines).

La Gymnastique Artistique Masculine est l'une des rares disciplines a avoir toujours fait partie du programme Olympique de l'ère moderne depuis 1896. La première compétition gymnique olympique disputée à Athènes en 1896 rassemblait 18 gymnastes de 5 pays. On y présentait que des exercices libres à 6 agrès : la barre fixe, les barres parallèles, le cheval-arçons, les anneaux, le saut, le grimper à la corde, le lever de poids et encore d'autres disciplines, comme l'athlétisme et la lutte. Seules des médailles d'or et d'argent étaient alors distribuées. Ce sont les allemands qui ont remporté le plus grand nombre de trophées.

En 1936, les concours aux agrès pour hommes s'articulaient autour de l'exercice libre (précurseur du sol), du cheval-arçons, des barres parallèles, de la barre fixe, des anneaux et du saut de cheval. Aux Mondiaux de 2001, la table de saut succède au cheval de saut.

La Gymnastique Artistique aujourd'hui jouit toujours d'une très grande popularité, en particulier lors des rendez-vous Olympiques. La Gymnastique Artistique est gérée sur le plan mondial par la Fédération Internationale de Gymnastique (FIG), fondée en 1881 à Liège (BEL). Elle compte 130 fédérations affiliées et 4 fédération associée (en 2010). Elle reste la «Reine» des disciplines de compétition de la FIG, aux côtés de la Gymnastique Rythmique, de la Gymnastique au Trampoline, de la Gymnastique Aérobic et de la Gymnastique Acrobatique.

Les agrès

  • Le sol : un travail d'acrobate
    Au sol, les gymnastes doivent " s'exprimer " entre 50 et 70 secondes, dans un exercice où alternent les mouvements d'acrobaties pures et de chorégraphies. C'est un harmonieux cocktail de détente, de force, de souplesse et d'équilibre.
    L'exercice, qui comprend principalement 3 à 4 séries acrobatiques exécutées dans au moins deux directions (avant, arrière ou latérale), doit également inclure des mouvements d'équilibre, de souplesse (comme le grand écart) et de force (appui tendu renversé par la planche bras tendus, par exemple). Il n'y a pas d'accompagnement musical pour les gymnastes masculins.
  • Le cheval-arçons : tournez jeunesse !
    Toute la difficulté de cet exercice réside dans la réalisation d'un mouvement régulier et continu sur le plan horizontal. A cet appareil, les gymnastes réalisent un travail en appui : seules les mains peuvent toucher le cheval. Les figures, comme les mouvements circulaires du corps, les cercles des jambes ou les ciseaux, doivent être réalisées sans rupture de rythme, en élan et en déplacement sur les trois parties du cheval (le centre et les deux extrémités).
  • Les anneaux : la force pas tranquille
    C'est l'appareil qui sollicite le plus de force musculaire. En suspension et en appui, le gymnaste démontre tant sa force que son équilibre. Tout balancement est source de pénalisation. L'exercice doit compter au moins deux appuis renversés, l'un exécuté en force et l'autre en élan. Les éléments de force, comme la croix de fer, doivent être maintenus au moins deux secondes. Savoir rendre apparemment simple et fluide la combinaison de la force statique et de l'équilibre dynamique est une expression particulière de l'art véritable de la motricité.
  • La table de saut : un homme s'envole
    Après une course d'élan de 25 mètres et un appel explosif sur le tremplin, le gymnaste s'envole pour poser les mains, ou une seule, sur la table. A la suite de cette brève impulsion des bras sur la table, le gymnaste réalise une figure de haut vol avec une ou plusieurs rotations autour des différents axes du corps. Chaque saut possède un coefficient correspondant à sa difficulté et doit montrer des mouvements clairs, en combinant hauteur et longueur et une ou plusieurs rotations. Le saut se conclut par une réception stable dans l'alignement de la table. La rapidité et la puissance, unies à une acrobatie subtile, déterminent et caractérisent la performance physique et le pouvoir de coordination dans les prestations à la table de saut (anciennement cheval de saut).
  • Les barres parallèles : dessus-dessous
    C'est une combinaison permanente de suspension et d'équilibre, d'élan, de voltige et de maintien, une variation permanente et dynamique avec un travail au-dessus et en-dessous des barres. Le travail actuel tend vers des difficultés comme les grands tours arrières ou les doubles saltos entre les barres. Une, deux ou trois rotations composent maintenant les exercices. Les sorties sont de plus en plus complexes, et exécutées avec beaucoup d'amplitude. Les difficultés à cet appareil s'apparentent de plus en plus à celles que l'on retrouve à la barre fixe.
  • La barre fixe : lunes et soleils au rendez-vous
    Les gymnastes à cet appareil enchaînent les rotations, qui doivent être limpides et continues. Leur corps ne doit jamais toucher la barre. Ils peuvent travailler sur un bras. Au plus haut niveau, les gymnastes réalisent dans leur mouvement trois, voire quatre lâchers de barre, parfois enchaînés, parfois avec une pirouette. La sortie permet d'apprécier le sens acrobatique et spectaculaire du gymnaste, qui combine les rotations dans tous les axes.