Lorsque l'on évoque la Gymnastique Rythmique (GR), les premiers mots sont pour ses engins : ruban, cerceau, ballon, massues et corde. Mais ils ne représentent qu'une partie de cette discipline.

Présentation

La base de la Gymnastique Rythmique, c'est la danse. Dans les clubs, elle sert très souvent d'échauffement. A Haut Niveau, c'est l'objet d'une véritable préparation (deux heures par jour en général). Elle permet d'acquérir les bons placements (pieds et jambes en dehors, maintien des bras par exemple). Un travail de musculation est également nécessaire (gainage, abdominaux). Les gymnastes doivent également faire preuve de souplesse : qu'elle soit dorsale ou de jambes, celle-ci se retrouve dans la majorité des difficultés que l'on rencontre. Elle s'obtient par des étirements passifs (écarts) et actifs principalement. Enfin, les engins utilisés en GR requièrent une agilité pour une bonne manipulation. Les mains sont extrêmement sollicitées pour les mettre en mouvement et surtout les contrôler !

Origines

Si certains évoquent l'époque de l'Egypte ancienne pour parler des débuts de la Gymnastique Rythmique, les premières traces de pratique remontent, pour l'ère moderne, au XIXè siècle. Différentes méthodes de gymnastique étaient alors proposées aux jeunes filles, dont celle de M. Clias en 1843, intitulée « Callisthénie ou la somascénie naturelle appropriée à l'éducation physique des jeunes filles », qui préconise des exercices avec des instruments tels que la canne, le cerceau et la corde à sauter. Suivirent ensuite les méthodes de François Delsarte (1811-1871) qui introduit la notion de musique, d'Emile-Jacques Dalcroze (1865-1950), d'Isadora Duncan (1878-1927) qui donne une nouvelle direction à la danse via la gymnastique, ou encore d'Irène Popard (1894-1950).

Ce n'est qu'en 1960 que cette activité est reconnue comme discipline à part entière. Elle prend alors le nom de Gymnastique Moderne. La Fédération Internationale de Gymnastique l'intègre en 1961 à son programme et en 1963, les 1ers Championnats du Monde sont organisés à Budapest. Dix nations européennes y prennent part, dont une qui paraît déjà bien rodée : l'Union Soviétique, qui organise en effet des championnats depuis 1942 !

Très vite, des règles se mettent en place : on décide de la création d'imposés, des normes engins sont prises en 1967 et un code de pointage voit le jour en 1970. Les exercices réalisés par un Ensemble de six gymnastes apparaissent pour la première fois en 1967 à l'occasion des 3è Championnats du Monde.

De plus en plus de nations participent aux rendez-vous internationaux tant et si bien qu'un Championnat d'Europe est organisé en 1978 à Madrid, une Coupe du Monde créée en 1983. La discipline devient même olympique en 1984, lors des Jeux Olympiques de Los Angeles. C'est une Canadienne qui devient la première Championne Olympique de Gymnastique Rythmique. Les Ensembles, dont le nombre de gymnastes a été ramené à 5 au lieu de 6 en 1995, devront patienter quant à eux jusqu'en 1996.

Depuis, la discipline a conquis son public. Devenue Gymnastique Rythmique en 2002, elle compte aujourd'hui en France plus de 25 000 pratiquants !

Les engins

  • La corde
    La longueur et la souplesse de la corde permettent la création en permanence de nouvelles difficultés et manipulations. Son travail spécifique, basé sur les sauts, permet d'apprécier la vitesse d'exécution des gymnastes. L'une des principales difficultés réside dans la maîtrise de l'engin, qui doit constamment être contrôlée. La corde développe l'endurance et la détente.
  • Le cerceau
    Engin rigide non déformable, le cerceau délimite un espace creux, ce qui permet à la gymnaste de jouer avec son volume. La manipulation nécessite de fréquents changements de prise d'où un problème de coordination. Sa forme favorise les roulers, les rétros, les passages au travers, les rotations et les renversements.
  • Le ballon
    Le ballon est le seul engin à ne pas permettre de prise. Il développe une relation particulière corps-engin. Il est en symbiose avec le corps et permet d'exprimer la sensibilité de la gymnaste. Avec le ballon, on peut réaliser des rebonds ou des roulers. Mais il reste un engin difficile à maîtrise car il ne doit pas être tenu ou grippé. Une petite erreur peut donc être fatale à l'enchaînement : il faut rester vigilant lorsqu'on l'utilise !
  • Les massues
    La spécificité des massues, le plus vieil engin de la Gymnastique Rythmique, c'est son nombre. Un exercice se réalise en effet avec deux massues. C'est aussi une difficulté car elles requièrent une bonne synchronisation. Les massues sont utilisables sur trois parties : le corps, le col et la tête. Les gymnastes peuvent ainsi exécuter des moulinets, des petits cercles, des roulers, des lancers et des figures asymétriques. L'utilisation des massues privilégie le travail rythmique, la coordination et la dissociation via les éléments asymétriques.
  • Le ruban
    C'est l'engin le plus spectaculaire. Tout le ruban doit être en mouvement d'où la difficulté d'exécuter un exercice parfait. Le ruban est attaché à une baguette (la hampe) avec des anneaux et un joint flexible. Engin long et léger, il se rapproche des activités graphiques. Les figures sont exécutées à des amplitudes différentes, représentant chacune des dessins dans l'espace (serpentins, spirales et lancers de ruban).